CR1915 - Diário de bordo no navio Oronsa, dirigido a Louise, em viagem de Paris ao Rio para colocação dos painéis do foyer do Theatro Municipal – 06 a 16 de dezembro de 1915

  • Tipo de Documento Correspondências - De 1901 a 1920
  • Ano 1915
  • Acervo Reprodução do documento no acervo do Projeto Eliseu Visconti

Os trabalhos para o foyer do Theatro Municipal, executados em Paris, foram embarcados para o Brasil em dezembro de 1915. Visconti inicia seu regresso ao Brasil viajando de Paris para Lisboa em 27 de novembro. Na capital portuguesa embarca no vapor Oronsa em 3 de dezembro, chegando ao Rio em 16 de dezembro. Os painéis do foyer não vieram com Visconti, sendo transportados no vapor Liger, que chega ao Brasil em 27 de dezembro. A família,  já acrescida de Afonso, seu terceiro filho, permanece em Paris. Em plena guerra, mas com data marcada para a entrega, a viagem transcorreu sob ameaça de submarinos alemães, que logravam torpedear um em cada cinco navios aliados. Certamente a extrema ansiedade por ter deixado a família em Paris para cumprir uma obrigação contratual, atravessando o Atlântico em meio a uma guerra, Visconti combateu na certeza de que transportava seu momento de inspiração máxima. E, para transpor suas angústias para o papel, redige, durante dez dias da viagem, entre 6 e 16 de dezembro, um diário endereçado a Louise, com pequenos desenhos das paisagens vistas de bordo. Abaixo, a transcrição do diário em francês e, em seguida, a tradução em português.
A historiadora e pesquisadora Ana Maria Tavares Cavalcanti transcreveu e traduziu essa carta de Visconti, bem como todos os relatos que Visconti deixou nos cadernos que hoje se encontram no acervo do Museu Nacional de Belas Artes.

R.M.S. “ORONSA.”

6 décembre,

La mer est si calme que l’on se croirait d’être arrêté; belle journée, température agréable. Je me suis adressé au commissaire pour avoir une chaise. Je lui ai parlé en espagnol, il m’a répondu qu’il y en avait plus.
Je m’adresse à un marin qui fait le nettoyage sur le pont, si je pouvais avoir une chaise, immédiatement, m’en apporte une en échange de 4 chelling [sic, shillings].
Très bien. Je n’ai rien compris de la désintelligence [sic, mésintelligence] entre le commissaire et le marin au sujet de ma chaise.
Le pain en ce bateau semble [sic,  ressemble] à du gâteau, ce qui n’est pas agréable.

(p. 2)

Le menu à table est écrit en anglais et en espagnol macaronique. Il arrive très souvent qu’on vous apporte une chose très différente de ce que l’on a voulu demander.
Maintenant, je fais mon menu d’avance pour ne pas être trompé.
On se fatigue vite de cette nourriture de bord. Il faut vraiment avoir le cœur bien formé pour la supporter.

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Desenho 01La nuit dernière, j’ai dormi un peu mieux.
Il me semble que j’ai la tête en bas, je n’y comprends rien. À demain.
7 décembre

(p.3)

Je voulais dessiner, mais impossible! Je viens d’apprendre que nous passons aujourd’hui à St. Vincent pour laisser la poste et ensuite nous filons sur Pernambuco. Dans 7 jours, nous y sommes.
Le temps est magnifique, la chaleur commence à se faire sentir. Tout le monde est déjà habillé en blanc. J’ai oublié mes costumes blancs à Paris, tant pis! Je ne m’en porte pas plus mal.
Il y a sur le bateau quelques enfants et une balançoire. Toute la journée, [ils] y sont perchés dessus.
Ça égaye un peu la monotonie du voyage.

(p. 4)

S. Vincent, c’est tout près du Sénégal, où nous sommes passés ensemble.
Dans 4 jours, nous serons sur l’Equateur.
Je suppose que cette lettre t’arrivera pour la Noël, mais comme probablement je serai à Rio, tu mettras quelque chose pour Tobie dans la cheminée et tu lui diras que c’est moi qui lui envoie, il n’en sera pas moins content.
Nous recevons des nouvelles de la guerre mais très résumées. Aujourd’hui, elles sont très bonnes, si cela est vrai.

(p.5)

Cette lettre, il faut qu’elle soit mise à la poste de bord avant 7 heures du soir. Il est 5 heures et je me dépêche.
Jusqu’à présent, la santé est pas mal, la nourriture est bonne, mais le service laisse un peu à désirer. C’est naturel, le personnel est tout neuf.
Je pense toujours à mes caisses qui voyagent sur l’autre bateau, pourvu qu’on le mette à l’abri de l’eau. C’est tout ce que je demande.

(p.6)

Comme vous voyez, je vous envoie mon journal. En faites vous autant?
Il est vrai que moi, je suis un désoccupé en ce moment et vous avez plus à faire que moi.
Faites attention au froid. J’ai oublié de te le dire, achetez un peu d’huile de foie de morue pour Tobie et pour toi-même, c’est une bonne chose pour le froid.
Au revoir, à demain, puisque tous les jours je cause avec vous.
Mes baisers à tous, ton Élisé.

(p.7)

Desenho 02Bord R.M.S. “Oronsa”, 8 Décembre 1915.
Hier nous devions passer à S. Vincent, soi-disant à 11 heures du soir, mais rien.

(p.8)

Le paquebot ne s’arrête pas, on jette la poste dans un petit tonneau bien fermé au moment de passer devant le port dans l’eau, un canot le recueille et l’apporte à terre.
9 décembre, un mal de tête du diable, toute la nuit. Je crois que c’est dû à la première chaleur.
Samedi, nous devons passer la ligne (moitié de la terre) et lundi nous serons à Pernambuco, quel bonheur !
Le bateau joue très peu et le voyage est bon.
Ce soir, les Anglais ont organisé un concert (je n’y assisterai pas) soi-disant pour recueillir des fonds pour la Croix-Rouge.

(p.9)

Je me suis couché à 9 1/2 du soir. Au courant de la nuit, plusieurs fois, je me suis levé et regardé à travers la petite lucarne si je voyais terre. Rien du tout.
Ce matin, j’ai pris mon troisième bain de mer tiède, mais demain ce sera froid, puisque la température s’est joliment chauffée depuis hier.
Vers 10 heures, sous un soleil magnifique, nous apercevons les premières montagnes de St. Vincent, dont quelques silhouettes tu trouveras dans ces pages. Nous approchons de plus en plus, à point de n’être éloignés de la terre d’un kilomètre.

(p.10)

Desenho 3C’est toujours agréable de voir la terre, mais quel désert ! Pas un brin d’herbe, tout est stérile dans ces contrées. Ce sont des montagnes allant de 500 à 1000 mètres de hauteur, pas un filet d’eau qui coule et pour cela, pas d’habitants.

(p.11)

Les pauvres morts sont vite oubliés. Depuis 4 jours, pas de nouvelles de la guerre. C’est surtout cela qui m’ennuie.
Aujourd’hui, la santé n’a pas été forte et la chaleur augmente. Heureusement, j’ai un ventilateur dans ma cabine et je suis seul, en costume d’Adam et Ève.
Bonsoir à demain.

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10, vendredi. Pas trop bien de la journée et très chaud.
11, samedi.
J’ai mal dormi, très chaud. La santé va mieux. Nous avons passé l’équateur à 3h de l’après-midi. La journée est belle.
Demain, nous passons à Fernando [de] Noronha, première terre brésilienne. Il y eu à bord plusieurs jeux pour passer le temps.

Desenho 4(p.  12)

Phare, S. Vincent, un seul rocher. [desenho]
Le même phare.  [desenho]
Une feuille à chacun
du jardin de bord.

(p.13)

Ile Fernando Noronha, 12 – 12 – 1915, 8 1/2 du matin.
Nous sommes devant cette île de silhouettes merveilleuses. On aperçoit peu de maisons, mais un grand poste de télégraphie sans fil du Brésil; ce sera dans la nuit, nous serons à Pernambuco, on doit mettre les lettres jusqu’à 7h du soir. La plus grande difficulté du voyage est passée. La mer, en ce contrée a changé de couleur, elle est bleue et transparente. La température Desenho 05(p.14) quoique chaude, il y a assez d’air, c’est agréable. Je pense à vous tout le temps, et surtout si vous êtes assez à l’abri du froid.
Hier, j’ai visité la 3me classe. Si tu savais quelle misère, le nombre d’enfants est considérable de tout âge. Cela fait vraiment de la peine de voir.
Je me suis fait quelques amis de 1 an à 4 ans. Et tout ce que je peux ramasser à table (gâteaux, fruits), je leur donne à travers la grille de fer qui nous sépare.
Si tu voyais quelle joie !
Cette nuit, nous serons à Pernambuco.

(p.15)  12 – 12 – 915

Envoie-moi des dessins de Tobie dans les journaux.
Ainsi, tu as eu [sic, tu auras  eu] de nouvelles jusqu’à l’arrivée de Pernambuco. Mon journal continue à partir de ce port.
Nous touchons aussi Bahia, c’est-à-dire le 14. Nous serons à Rio le 17 ou 18, d’où je t’écrirai  le même jour.
C’est à terre que je trouverai le vide.
Tous mes baisers,
Ton Elisée

(p.16)

Desenho 06Silhouettes de montagnes de St-Vincent

(p.17)

Bord. Oronsa, 13 – 12 – 1915
Ma Louise,
Ce matin, nous sommes arrivés à Pernambuco, à 5 ½ du matin, après presque 9 jours sans apercevoir la terre.
Je n’ai pas dormi de la nuit, et à chaque instant, je mettais la tête à travers la lucarne pour voir si nous arrivions; finalement, vers 4 heures du matin, j’aperçois la première lumière rouge au loin;  il est plein jour quand le bateau jette l’ancre. Nous sommes assez loin de [la] terre, et la mer ici est presque toujours agitée. Les passagers qui montent et descendent sont placés dans un immense panier de 2 mètres de hauteur pour

(p.18)

pour les faire débarquer. Le port est en train de se construire. La chose qui frappe d’abord, c’est une longue file de bateaux marchands allemand, au nombre de 13, qui sont désarmés dans le port et qui ne peuvent pas bouger sans risque d’être coulés. Ceci représente une centaine de millions paralysée. C’est une prise magnifique. Les nouvelles de la guerre sont très contradictoires ici. Demain, nous touchons Bahia à 2h après-midi. C’est très émotionant [sic, émouvant] de toucher le premier port. On se trouve presque en face de personnes amies. Nous quittons Pernambuco à 10h du matin, sous une brise magnifique, mais vers le soir, la chaleur est intense, et [je] ne vois comment passer la nuit.

(p.19)

Dans la cabine, il fait très chaud. Le ventilateur n’y fait pas grand-chose, et par comble de malheur, mes oreillers sont tous de plumes, tu vois alors.
C’est incroyable, j’ai laissé en Europe si froid et nous crevons de chaleur dans ces contrées. Je vais tâcher de me reposer un peu. À demain.
Mardi 14. Nous voici à Bahia, à 2h de l’après-midi, et nous en devons partir à 4.
L’entrée du port est magnifique et la ville vue de la raide a un peu l’aspect de Lisbonne.
Je suis descendu à terre par un hasard et là, je n’ai eu le temps que de t’écrire une carte postale.

(p.20)

La chaleur y était intense. La ville est en progrès et ce qu’il paraît les affaires aussi. C’est une Rio en petit. À 4 heures juste, nous filons chemin de Rio, d’où nous [sommes] séparés de 52 heures. La journée est belle et le bateau se balance assez, mais je commence à m’habituer.
15 – Mercredi. Avec cette chaleur, j’ai très chaud avec mon costume marron. Il me semble avoir sur moi du plomb. Je serai obligé, à Rio, de m’acheter quelque chose de clair.
Mon Portugais, dont je t’ai parlé dans mes lettres, est resté à Pernambuco. Il était vraiment embêtant et bébête.

(p. 21)

Nous venons d’assister à un spectacle magnifique en pleine mer. Sur les côtes du Brésil, il y a une esquadre [sic, escadre] de guerre anglaise qui guette depuis le début de la guerre des navires ennemis.
Aujourd’hui, nous venons de rencontrer un de ces bateaux anglais qui nous attendait pour prendre le courrier et quelques vivres.  À 4 heures justes, nous l’avons rencontré, mais comme la mer était mauvaise, il a fallu

(p. 22)

rester loin l’un de l’autre.
Le bateau de guerre a fait descendre un canot avec 13 hommes et un officier pour venir prendre le courrier. Tous ces marins [étaient] des beaux gars, avec leurs ceintures de sauvetage.
Lorsqu’ils se sont approchés de notre bateau, tous les passagers de notre bateau ont jeté un cri d’enthousiasme. On aurait dit des rescapés d’un naufrage et tous on leur jetait un souvenir de fruits, des conserves, des boîtes de cigares, etc. À mon tour, je leur ai jeté un paquet de journaux français et portugais avec deux oranges de Bahia dedans.

(p. 23)

Ils m’ont beaucoup remercié. L’officier du canot était déjà monté sur notre bateau à l’aide d’une échelle de corde et après une demi-heure d’arrêt, ils sont retournés et nous voilà en route sur Rio. La mer devient plus mauvaise et la pluie tombe assez forte.
Nous devons arriver après-demain matin à Rio et si rien ne vient nous déranger, le voyage a été magnifique. Bonsoir.
“Oronsa”, 16 – 12 – 1915. Jeudi
C’est le dernier jour de bord et franchement, à part des petits détails, pas grand-chose à se plaindre.

(p. 24)

16 – 12     915
Dernier jour de bord. Journée magnifique. La mer d’une couleur rare et une grande joie parmi les voyageurs qui descendent à Rio, où nous arrivons à 11 heures du soir, mais ne débarquons que demain matin à 8 heures. Nous côtoyons la terre il est 4 heures, je n’ai pas déjeuné de joie. Je te dis au revoir de bord, il faut que je mette la lettre jusqu’à 5 heures. Embrassez bien tous et demain commence mon journal de terre, Élisée.

A seguir – versão em português

(p. 1)

Inicio Da Carta DiÁrioR.M.S. “ORONSA.”

6 de dezembro,

O mar está tão calmo que parece que estamos parados; dia lindo, temperatura agradável. Dirigi-me ao comissário para conseguir uma cadeira. Falei com ele em espanhol, ele me respondeu que não havia mais nenhuma.

Dirijo-me a um marinheiro que faz a limpeza no convés, [perguntando] se eu poderia ter uma cadeira; imediatamente ele me traz uma em troca de 4 xelins. Muito bem. Não entendi nada do desentendimento entre o comissário e o marinheiro a respeito da minha cadeira.

O pão neste navio parece bolo, o que não é agradável.

(p. 2)

O menu à mesa está escrito em inglês e em um espanhol macarrônico. Acontece muito frequentemente de lhe trazerem uma coisa muito diferente do que você quis pedir. Agora, faço meu menu com antecedência para não ser enganado.

A gente se cansa rápido dessa comida de bordo. É preciso realmente ter um estômago forte para suportá-la.

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Na noite passada, dormi um pouco melhor.

Tenho a impressão de estar de cabeça para baixo; não estou entendendo nada. Até amanhã.

7 de dezembro

Desenho 01

Eu queria desenhar, mas

(p. 3)

impossível! Acabo de saber que hoje passaremos por St. Vincent para deixar o correio e, em seguida, seguimos para Pernambuco. Daqui a 7 dias, estaremos lá.

O tempo está magnífico, o calor começa a se fazer sentir. Todo mundo já está vestido de branco. Esqueci meus trajes brancos em Paris, paciência! Também não faz tanta falta.

Há algumas crianças no navio e um balanço. O dia inteiro, elas ficam empoleiradas nele.

Isso alegra um pouco a monotonia da viagem.

(p. 4) St. Vincent fica bem perto do Senegal, por onde passamos juntos.

Daqui a 4 dias, estaremos sobre o Equador.

Suponho que esta carta chegará até você pelo Natal, mas, como provavelmente estarei no Rio, você colocará alguma coisa para Tobie na chaminé e dirá a ele que sou eu quem está mandando. Ele não ficará menos contente por isso.

Recebemos notícias da guerra, mas muito resumidas. Hoje, elas são muito boas, se for verdade.

(p. 5) Esta carta precisa ser colocada no correio de bordo antes das 7 horas da noite. São 5 horas e preciso correr.

Até agora, a saúde está razoável, a comida é boa, mas o serviço deixa um pouco a desejar. É natural, o pessoal é todo novo.

Continuo pensando em minhas caixas que estão viajando no outro navio; tomara que as coloquem ao abrigo da água. É tudo o que peço.

(p. 6)

Como você vê, estou lhe enviando meu diário. Você está fazendo o mesmo?

É verdade que eu estou desocupado neste momento e você tem muito mais o que fazer do que eu.

Cuidado com o frio. Esqueci de dizer: compre um pouco de óleo de fígado de bacalhau para Tobie e para você mesma; é uma coisa boa para o frio.

Adeus, até amanhã, já que todos os dias eu converso com você.

Meus beijos a todos,

seu Élisé.

(p. 7) A bordo do R.M.S. “Oronsa”, 8 de dezembro de 1915.

Desenho 02

Ontem deveríamos passar por S. Vincent, supostamente às 11 horas da noite, mas nada.

(p. 8)

O paquete não para; joga-se o correio na água, dentro de um pequeno barril bem fechado, no momento em que passamos em frente ao porto. Um barco o recolhe e o leva para terra.

9 de dezembro Uma dor de cabeça dos diabos, durante toda a noite. Acho que é por causa do primeiro calor.

No sábado, devemos atravessar a linha (metade da Terra) e, na segunda-feira, estaremos em Pernambuco. Que felicidade!

O navio balança muito pouco e a viagem está sendo boa.

Esta noite, os ingleses organizaram um concerto (não vou assistir), supostamente para arrecadar fundos para a Cruz Vermelha.

(p. 9)

Deitei-me às 9h30 da noite. Durante a noite, levantei-me várias vezes e olhei pela pequena vigia para ver se avistava terra. Nada.

Esta manhã, tomei meu terceiro banho de mar morno, mas amanhã será frio, pois a temperatura esquentou bastante desde ontem.

Por volta das 10 horas, sob um sol magnífico, avistamos as primeiras montanhas de St. Vincent, cujas silhuetas você pode ver desenhadas nestas páginas. Aproximamo-nos cada vez mais, a ponto de estarmos a apenas um quilômetro da terra.

(p.10)

Desenho 3

É sempre agradável ver terra, mas que deserto! Nem sombra de um matinho, tudo é estéril nestas paragens. São montanhas que vão de 500 a 1.000 metros de altura, sem um fio de água correndo e, por isso, sem habitantes.

(p. 11)

Os pobres mortos são rapidamente esquecidos. Há 4 dias não temos notícias da guerra. É sobretudo isso que me aborrece.

Hoje, minha saúde não esteve muito boa e o calor aumenta. Felizmente, tenho um ventilador na minha cabine e estou sozinho, em trajes de Adão e Eva.

Boa noite, até amanhã.

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10, sexta-feira. Não passei muito bem durante o dia e fez muito calor.

11, sábado.

Dormi mal, muito calor. A saúde está melhor. Atravessamos o Equador às 3 horas da tarde. O dia está bonito.

Amanhã, passaremos por Fernando de Noronha, a primeira terra brasileira. Houve vários jogos a bordo para passar o tempo.

(p. 12)

Desenho 4

Farol, S. Vincent, uma única rocha. [desenho]

O mesmo farol. [desenho]

Uma folha para cada um, do jardim de bordo. [É possível que Visconti tenha enviado, dentro da carta, uma folha de planta do jardim do navio para cada um.]

(p.13)

Ilha de Fernando de Noronha, 12-12-1915, 8h30 da manhã.

Desenho 05

Estamos diante desta ilha de silhuetas maravilhosas. Avistam-se poucas casas, mas um grande posto de telegrafia sem fio do Brasil; à noite estaremos em Pernambuco. É preciso colocar as cartas no correio até as 7 horas da noite. A maior dificuldade da viagem já passou.

O mar, nesta região, mudou de cor: está azul e transparente. A temperatura,  (p.  14) embora quente, é agradável, pois há bastante ar. Penso em vocês o tempo todo, e sobretudo [me pergunto] se estão suficientemente protegidos do frio.

Ontem, visitei a terceira classe. Se você soubesse que miséria! O número de crianças é considerável, de todas as idades. Dá realmente muita pena ver.

Fiz amizade com algumas crianças, de 1 a 4 anos. E tudo o que consigo pegar à mesa (bolos, frutas), dou a elas através da grade de ferro que nos separa.

Se você visse que alegria!

Esta noite, estaremos em Pernambuco.

(p.15) 12 – 12 – 915

Envie-me desenhos de Tobie nos jornais. [É possível que Louise enviasse jornais franceses para Visconti pelo correio, e nesse caso, Visconti pede que no meio dos jornais, Louise envie desenhos de seu filho Tobias que tinha então 5 anos de idade]

Assim, você terá recebido notícias  [minhas] até a chegada a Pernambuco. Meu diário continua a partir desse porto.

Também faremos escala na Bahia, isto é, no dia 14. Estaremos no Rio no dia 17 ou 18, de onde lhe escreverei no mesmo dia.

É em terra que encontrarei o vazio.

Todos os meus beijos,

Seu Élisé.

(p.16) Silhuetas das montanhas de de St-Vincent

Desenho 06

(p.17)

A bordo do Oronsa, 13-12-1915

Minha Louise,

Esta manhã, chegamos a Pernambuco, às 5h30 da manhã, depois de quase 9 dias sem avistar terra.

Não dormi durante toda a noite e, a cada instante, colocava a cabeça para fora da vigia para ver se estávamos chegando; finalmente, por volta das 4 horas da manhã, avistei ao longe a primeira luz vermelha. Já era pleno dia quando o navio lançou a âncora. Estamos bastante longe da terra, e o mar aqui é quase sempre agitado.

Os passageiros que embarcam e desembarcam são colocados em um enorme cesto de 2 metros de altura para serem levados à terra.

(p. 18)

O porto está em construção. O que chama a atenção, em primeiro lugar, é uma longa fila de navios mercantes alemães, em número de 13, que estão desarmados no porto e não podem se mover sem o risco de serem afundados. Isso representa cerca de cem milhões paralisados. É uma captura magnífica.

As notícias da guerra são muito contraditórias por aqui. Amanhã, faremos escala na Bahia, às 2 horas da tarde. É muito emocionante chegar ao primeiro porto. Estamos quase diante de pessoas amigas.

Partimos de Pernambuco às 10 horas da manhã, com uma brisa magnífica, mas, ao cair da noite, o calor é intenso, e não sei como vou passar a noite.

(p.19)

Na cabine, está muito quente. O ventilador não adianta grande coisa e, para completar a desgraça, meus travesseiros são todos de penas, imagine só.

É incrível, deixei na Europa tanto frio e estamos morrendo de calor nestas paragens. Vou tentar descansar um pouco. Até amanhã.

Terça-feira, 14. Aqui estamos na Bahia, às 2 horas da tarde, e devemos partir às 4.

A entrada do porto é magnífica e a cidade, vista da baía, tem um pouco o aspecto de Lisboa.

Desci em terra por acaso e, ali, só tive tempo de escrever um cartão-postal para você.

(p. 20)

O calor estava intenso. A cidade está em progresso e, ao que parece, os negócios também. É um Rio em tamanho reduzido. Exatamente às 4 horas, seguimos rumo ao Rio, do qual estamos a 52 horas de distância. O dia está bonito e o navio balança bastante, mas começo a me acostumar.

15 – Quarta-feira. Com essa quentura, estou sentindo muito calor usando meu terno marrom. Parece-me que tenho chumbo sobre o corpo. Serei obrigado, no Rio, a comprar alguma coisa de cor clara.

Meu português, de que te falei em minhas cartas, ficou em Pernambuco. Ele era realmente muito chato e bobo.

Acabamos de assistir (p.  21)  a um espetáculo magnífico em pleno mar. Na costa do Brasil, há uma esquadra de guerra inglesa que, desde o início da guerra, fica de vigia à espera de navios inimigos.

Hoje, acabamos de encontrar um desses navios ingleses, que nos esperava para receber a correspondência e alguns víveres. Às quatro horas em ponto, nós o encontramos, mas, como o mar estava revolto, foi preciso

(p. 22)

permanecer afastados um do outro.

O navio de guerra fez descer um bote com 13 homens e um oficial para vir buscar a correspondência. Todos esses marinheiros eram rapazes bonitos, com seus coletes salva-vidas.

Quando se aproximaram de nosso navio, todos os passageiros do nosso navio deram um grito de entusiasmo. Pareciam náufragos resgatados, e todos lhes jogavam presentes: frutas, conservas, caixas de charutos etc. Por minha vez, joguei-lhes um pacote de jornais franceses e portugueses, com duas laranjas da Bahia dentro.

(p. 23)

Eles me agradeceram muito. O oficial do bote já tinha subido a bordo de nosso navio com a ajuda de uma escada de corda e, depois de meia hora de parada, eles retornaram e nós retomamos nossa viagem rumo ao Rio. O mar está ficando mais revolto e a chuva cai com bastante força.

Devemos chegar ao Rio depois de amanhã pela manhã e, se nada vier nos atrapalhar, a viagem terá sido magnífica.

Boa noite.

“Oronsa”, 16-12-1915. Quinta-feira

É o último dia a bordo e, francamente, tirando alguns pequenos detalhes, não há muito do que reclamar.

(p. 24)

16-12-1915

Último dia a bordo. Dia magnífico. O mar de uma cor rara e uma grande alegria entre os viajantes que desembarcam no Rio, onde chegamos às 11 horas da noite, mas só desembarcaremos amanhã de manhã, às 8 horas.

Estamos costeando a terra; são 4 horas. Não almocei de tanta alegria. Digo-te adeus a bordo; preciso colocar a carta no correio até as 5 horas.

Beije todos com muito carinho e amanhã começa meu diário em terra.

Elisée

Transcrição e tradução para português – Ana Maria Tavares Cavalcanti

[Obs: R.M.S. é a sigla de Royal Mail Ship: navio do Correio Real britânico.]